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Didier Arnal-Brezun

Posté le 12/10/2017 à 23h27

Traversée Sud de France par Andy

La traversée Sud de France est une des courses des 100 miles Sud de France qui se déroule dans les Pyrénées Orientales début octobre.
Ce trail traverse le Vallespir puis le massif des Albères pour se terminer à Argelès, les pieds dans la Méditerranée.

Andy nous livre le récit de sa course, dernier gros objectif d'une saison 2017 bien remplie !

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Arles-sur-tech le 07 Octobre 2017, il est 7h30 et le top départ de la Traversée Sud de France (annoncé à 75km et 3900D+) vient d’être donné ! On est moins de 200 au départ, une course en petit comité comme j’aime, et la météo est au beau fixe. Dans ma tête ça ne cogite pas trop, je me sens bien, le marathon des Gabizos et le dernier stage dans le massif du Caroux m’ont rassuré sur ma capacité à aller au bout, même si les dernières semaines de boulot ne m’ont pas permis de me reposer autant que j’aurais aimé. Ce n’est pas grave, le but c’est d’aller au bout ! Histoire de me motiver je vais essayer de finir en 13h00, ça permet aussi de donner des indications d’horaire à Mélissa qui va m’accompagner toute la journée (la pauvre).

Après un petit km de goudron, on attaque la grimpette : 4km avec 700D+ vers le Col de Paracolls histoire de se réchauffer rapidement. Une fois en haut on bascule sur une petite descente technique puis le profil devient un peu plus joueur avec quelques petites remontées. J’arrive au 1er ravito après 11km de parcourus. J’ai 5 minutes d’avance sur mes prévisions, impeccable. Enfin, presque… Pas de Mélissa en vue. Je mange un bout de cake aux fruits qui me fait de l’oeil depuis que je suis arrivé puis je repars. J’appelle Mél en repartant pour lui dire que je suis passé, mais elle me dit qu’elle est à quelques mètres du ravito bloquée dans la voiture ! Je fais vite demi-tour pour aller la voir et lui donner rendez-vous dans 15km.

C’est parti pour la 2e étape de la journée : 15km et 1000D+ avec l’ascension du roc de France. La montée est raide, ça pousse fort sur les bâtons, mais une fois en haut on ne regrette rien : la vue est impressionnante ! Entouré des montagnes, la mer à l’horizon avec l’impression que le soleil se baigne dedans… Mais pas le temps de niaiser, le vent souffle et je me les gèle donc je me dépêche pour basculer, on repassera une autre fois pour la photo. 8km de descente, c’est super roulant et je n’en finis plus de rattraper du monde. C’est principalement des coureurs des distances supérieures, mais ça fait toujours du bien au moral. J’arrive au ravito de Las Illas avec un bon 20 minutes d’avance sur mes prévisions, et je retrouve Mélissa tout sourire. Je prends le temps de bien me ravitailler et de remplir les flasques avant de partir pour la 3e étape direction le Perthus.

J’avais noté que cette portion était assez roulante, un peu moins de 15km pour 300D+. Mais très vite je me rends compte que je me suis trompé : c’est très très très roulant ! De longues portions de pistes DFCI, ça grimpe très peu, pas trop de single… Mais au moins ça a le mérite de faire des km « gratuits ». J’arrive assez vite au Perthus où le tracé serpente jusqu’au fort de Bellegarde. Puis on redescend jusqu’à la base vie. Là encore Mélissa est surprise de me voir si tôt, et pour cause : j’affiche 40 minutes d’avance et je suis encore en forme, mais je sais que la course vient à peine de débuter. Il fait vraiment chaud maintenant, je m’arrête plusieurs minutes pour refaire le plein de boisson et de barres, tout en faisant attention de bien boire avant de repartir.

9km et 700D+ avant de revoir Mélissa au col de L’Ouillat. Une première portion de montée régulière pas trop difficile, puis encore une grande piste en faux plat montant. D’ordinaire ça m’aurait cassé le moral, mais j’arrive à courir et j’ai toujours quelqu’un dans le viseur donc je me force à trottiner. La dernière partie avant le ravito est plus raide et une petite douleur à la hanche droite fait son apparition progressivement… Heureusement mon assistance de luxe est là et je peux récupérer un peu avant de finir l’ascension du Néoulous.

Une fois en haut les souvenirs du stage à Argelès reviennent et je me dis que les sentiers étaient bien raides et bien techniques. Ça va être dur parce la hanche me fait vraiment mal maintenant, je me suis même arrêté pour l’étirer et la masser. Le début de la descente ne me déçoit pas : de la caillasse et de la chaleur, tout comme à l’entrainement ! Mais très vite on retombe sur une large piste que j’arrive encore à trottiner en faisant abstraction de la douleur. Le ravito de La Vall n’est plus très loin, dernier point où je cois Mél avant l’arrivée. Mais pour y parvenir les organisateurs nous ont laissé une petite surprise… Une descente technique. Tellement technique et caillouteuse qu’elle ferait passer le sentier des gardes du Caroux pour une piste en tartan (et j’exagère à peine) ! Ça devient difficile de progresser, surtout avec ma hanche qui couine, mais poussé par un concurrent qui me rattrape je me bouge un peu. C’est dangereux, ça glisse, ça roule, et en plus ma montre tombe en rade de batterie. Je me fais 2-3 frayeurs mais j’arrive en bas sans tomber. Le ravito apparaît comme une oasis. J’ai mal partout maintenant et heureusement qu’il ne reste qu’une dizaine de km. Plus d’une heure d’avance sur mon objectif, Mél me dit que je n’ai pas arrêté de gagner des places entre les différents points intermédiaires. Je suis 37e et ça serait pas mal si j’arrivais à le rester. Je repars avec cette idée en tête.

On attaque la dernière portion par une montée courte mais sèche. 2km pour 300D+ sur de la caillasse c’est dur mais c’est la dernière ! Une fois en haut, je reconnais la dernière descente que l’on a prise lors du stage. J’essaye de courir, mais impossible… Chaque foulée me paralyse la jambe. Que la fin va être longue. Je suis rassuré de voir que je ne suis pas le seul à avoir du mal sur celle-ci. Un bénévole nous dit qu’il ne reste que 5km environ sur de la piste large puis du goudron. Distance que je devrais faire en marchant, incapable de recourir jusqu’à la ligne d’arrivée. Je perds une bonne demi-heure et une quinzaine de place. Mais je finis par arriver tranquillement. Je passe la ligne avec Mélissa sans qui la journée aurait sûrement été plus longue. Au final un peu plus de 12h d’effort et une 52e place, un résultat qui me satisfait pleinement mais une fin de course qui me laisse sur ma faim (et qui me donne envie de remettre ça dès le mois d’avril prochain sur les citadelles)…

Un grand merci à tous les copains du club pour cette saison, je me suis régalé ! On va essayer de faire aussi bien en 2018 ;)

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