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Didier Arnal-Brezun

Posté le 07/07/2020 à 23h04

Week-end dans le Val d'Azun - 4 et 5 juillet 2020

Chaque année, notre groupe part en stage à la fin du printemps pour préparer les trails de l’été. Cette fois, nous avons été obligés de revoir nos plans : plus de compétitions mais l’envie intacte de passer ensemble un week-end en montagne et de crapahuter sur les sentiers.

Par simplicité, nous avons choisi la solution camping, qui ne nous obligeait pas à réserver à l’avance et à connaître précisément combien d’entre nous seraient partants. Nous avons sélectionné le camping Mialanne près d’Arrens-Marsous dans le Val d’Azun. Cette vallée est un haut lieu de la course de montagne avec le club local des Esclops d’Azun. Le village a également accueilli les Championnats de France de course de montagne en 2018.

Le camping est simple, une quarantaine d'emplacements avec de belles pelouses. Nous sommes très bien accueillis et, vu qu’il y a encore peu de monde, les propriétaires nous donnent accès une salle dans laquelle nous pourrons entreposer la nourriture et prendre le petit-déjeuner. Il y a aussi des tables à l’extérieur à l’ombre d’un noyer et un barbecue : le week-end s’annonce bien !


Nous avons prévu deux sorties longues durant ce week-end.

La première sortie, le samedi, offre deux variantes :
- le Grand Tour du Balaïtous : quasiment 100% sentier mais plutôt rocailleux, 36km et 2000m de D+
- une boucle plus courte col d'Artouste - col de la Lie avec une premier partie commune à l'itinéraire précédent jusqu'au lac d'Artouste puis du hors-sentier cairné autour du col de la Lie pour 23km et 1800m de D+

La deuxième sortie, le dimanche, est une boucle qui mène au Grand Barbat (2813m) au départ du lac d'Estaing, 18km et 1750m de D+


Le samedi

Départ donc le samedi matin du Plaa d’Aste aux environs de 8h pour la première sortie. Je suis sur la variante courte qui me semble déjà assez sérieuse vu le dénivelé annoncé. Le temps est au beau et nous démarrons par une belle montée de 900m de D+ vers le lac de Migouélou. Les jeunes impriment un rythme rapide (il paraît que c’est pour se réchauffer !) et je ferme la marche. Arrivés au lac, nos efforts sont récompensés par une superbe vue avec les reflets de la montagne dans une eau d’un bleu intense.


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Du lac de Migouélou, nous nous dirigeons ensuite vers le col d’Artouste situé à 2500m puis nous redescendons sur le lac d’Artouste en passant par les lacs de Carnau. Les lacs sont tous plus magnifiques les uns que les autres. Nous en compterons 12 tout au long de notre boucle.

Au lac d’Artouste, direction plein est vers le col de la Lie, situé lui aussi à 2500m. Nous commençons à rencontrer quelques névés mais la neige est molle et ces passages ne posent pas de soucis. La fin de la montée vers le col de la Lie se fait néanmoins sur un long névé puis des blocs rocailleux qui commencent à fatiguer l’organisme.


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Le décor au col de la Lie est sauvage et calcaire. Clément et Julien partent en reconnaissance pour choisir la meilleure voie pour la descente. Il faut surtout faire attention aux éboulis et aux cailloux que l’on pourrait faire tomber sur le copain en-dessous ! S’ensuit un nouveau névé, cette fois-ci à négocier en descente. Il est possible de passer sur le côté mais je tente une descente sur la neige. Mauvaise idée, je me retrouve rapidement sur les fesses à descendre plus vite que je ne l’avais prévu ! Pas de danger, le névé est large et la pente raisonnable se termine par une partie plate où m’attendent mes compagnons.


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En contrebas, les lacs de Batbielh que nous laissons à notre gauche pour atteindre un dernier col et rejoindre le refuge de Larribet. Le refuge dominé par le Balaïtous attire beaucoup de randonneurs, contraste saisissant avec les quelques heures que nous venons de passer au milieu de nulle part.

La descente vers le Plaa d’Aste n’est plus qu’une formalité et nous la négocions tranquillement. Une belle sortie d’environ sept heures. Nous pensions être de retour une ou deux heures plus tôt mais la montagne réserve toujours des surprises !


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Le dimanche

Pour la sortie du dimanche, je laisse la parole à Clément qui a tracé les parcours et nous fait vivre la montée au Grand Barbat :

« Contrairement à son profil depuis le lac d’Ilhéou, le Grand Barbat est plutôt discret lorsqu’on l’aborde depuis le lac d’Estaing, semblant coincé entre les multiples pointes de ce massif complexe.
Depuis le lac d’Estaing, suivre le GR10 en direction du col d’Ilhéou. Sans faire de détail, il coupe les lacets de la large piste afin de sortir de la forêt de pins pour arriver dans une belle estive encore à moitié endormie. L’excellent chemin remonte doucement le vallon avant de se redresser juste avant les cabanes de Barbat (1872 m, l’une métallique réservée au berger, l’autre en pierre ouverte aux randonneurs).

C’est ici que nous quittons le GR10 vers une sente bien visible allant au lac de Barbat, site enchanteur dominé par une étonnante concentration de sommets sans accès facile et aux noms évocateurs : pic de Maleshores (« mauvais endroit » ou « mauvaises heures » selon les sources), la Taillante ou encore le pic de Badescure (« vallée obscure »). Par contre, que veut dire « Barbat » ?


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Au déversoir du lac, quelques cairns montrent la voie sur une croupe après laquelle nous pénétrons dans un univers plus austère. Pourtant, l’itinéraire cairné est astucieux et évite au maximum les blocs en allant chercher la moindre zone herbeuse, y compris au niveau de la bifurcation des brèches de Badescure et de Barbat où nous croyions avoir le droit à un infâme pierrier. Finalement, la sente reste au plus près des contreforts du Grand Barbat sur un terrain tout aussi raide mais moins désagréable. Pour mon (notre ?) plus grand bonheur, la brèche de Barbat (2640 m) est défendue par quelques névés (évitables) qui cachent les éboulis. Nous y rencontrons un montagnard, aussi sympathique qu’en forme, qui nous accompagne au sommet.


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Malgré la boucle de la veille qui nous a amené aux cols d’Artouste et de la Lie, je suis plutôt en jambes. Le panorama du Grand Barbat est sensationnel sur tous les grands sommets des Hautes-Pyrénées avec Balaïtous et Vignemale en chef de file. De retour à la brèche, j’étudie la montée au pic de Badescure qui semble très raide mais peut-être pas à exclure par ce côté.


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Pour rentrer en boucle, nous filons vers le S. Après une descente désagréable dans des éboulis de toutes les sortes, nous faisons une rencontre étonnante avec un patou accompagné d’un … lama qui ne se séparent pas d’une semelle. À proximité du lac Nère, nous retrouvons un bon sentier qui descend sans sourciller au lac du Plaa de Prat (1656 m) qui marque un changement : alors que c’était raide et sauvage, c’est désormais assez plat et très fréquenté. Pire, le Balaïtous n’est plus visible, snif ! Le chemin reste excellent et joli, il ondule légèrement autour du lac de Langle et de l’étonnante toue de Cétira avant de descendre définitivement lorsqu’il pénètre dans la forêt. Énormément de monde au lac d’Estaing où nous piquons une tête dans la rivière concluant fraîchement cette magnifique journée de montagne »


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Conclusion

Au final, un magnifique week-end avec l’aide d’un soleil omniprésent. Les parcours, fortement typés montagne, ont révélé de très beaux paysages et, si le tracé était exigeant, nous avons été récompensés de nos efforts.
Un grand merci à tous les participants et à nos hôtes du camping Mialanne qui est un lieu charmant, très propre, idéalement situé et tenu par des personnes d’une très grande gentillesse.


Les photos

La vidéo



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